Table de partition détruite…

Il m’est arrivé une drôle de mésaventure.

Pendant que je consultais des news sur les nouveaux systèmes Linux disponibles en Live CD, je suis tombé sur l’annonce de la dernière implémentation de Gentoo Linux. Intrigué mais aussi interessé par le rédactionnel ainsi que par tout ce que j’ai pu déjà lire ailleurs concernant la distribution Gentoo, je me suis laissé tenter à la télécharger, dans l’intention évidente de la graver sur CD puis de l’essayer sur ma machine de production.

Ayant récemment fait l’acquisition d’un disque de 300 giga-octets pour satisfaire mes besoins frénétiques de “geek”, je disposais donc de plus de 100 gigas de place libre sur le second disque dur, déjà occupé par une Release FreeBSD 6.0, un Windows XP SP2 et une Debian Kanotix du dernier cru. Les conditions de test et d’installation de cette Gentoo étaient donc optimales.

J’ai donc redémarré ma station et sélectionné un boot sur le CD fraichement grâvé, puis passé en revue les différentes options de démarrage ou “cheat codes” proposés sur les écrans de bienvenue. Après validation d’un démarrage standard, la gentoo procède à la reconnaissance automatique de ma configuration matérielle somme toute classique, carte éthernet 10/100, carte nvidia etc. L’environnement graphique X est démarré automatiquement avec une résolution “safe” et l’utilisateur “gentoo” se logue automatiquement au bout de quelques secondes sur le bureau Gnome.

A l’instar de tous les Live CD, je retrouve à peu de choses près les même utilitaires et logiciels, avec une surprise supplémentaire, la présence d’un installateur graphique en plus d’un installateur en mode console. L’utilisation en Live CD est certes pratique pour une ou deux tâches de temps à autre mais ne remplace pas une vraie installation sur le disque dur, même s’il ne s’agit que de tester les caractéristiques d’une distribution.

Je me lance donc dans l’installation de Gentoo Linux 2006, non sans avoir lu la documentation fournie sur le CD et persuadé que je disposais d’une sauvegarde de ma table de partition sur disquette (je n’en suis pas à ma première installation, ni à mon premier crash disque). Au préalable, j’avais pris soin de créer les partitions supplémentaires nécessaires à l’installation du système, avant même que de démarrer dans le système Gentoo Live CD. Au cours du paramétrage de l’installation qui se déroule le plus normalement du monde, j’opte par bêtise ou inadvertance pour laisser le système configurer la taille des partitions par lui-même. De ce fait il ajoute trois partitions dans l’espace libre non partitionné, à savoir une partition de démarrage appellée “boot”, une partition de swap et une troisième qui accueillera la racine du système de fichier. Je valide et poursuis la configuration de l’installation jusqu’au bout.

Je lance enfin l’installation proprement dite et au bout de quelques secondes, je reçois un message d’erreur indiquant que l’installeur graphique ne pouvait gérer la partition étendue sur mon second disque dur. L’installation semblait avoir échouée au moment du formattage des partitions destinées à recevoir les fichiers Gentoo. Avant de redémarrer mon système je vérifie la cohérence de la table des partitions et là, horreur, elle est vide, comme à l’achat du disque dur.

Pas paniqué pour autant (je venais de perdre les données des trois systèmes d’exploitation que j’utilise régulièrement), je me met en quête de ma disquette de sauvegarde de la table des partitions, puisqu’il semblerait qu’aucune donnée n’est été écrite sur le disque. Par malchance, impossible de remettre la main dessus. Voilà, c’était fini, fin de l’histoire.

Je profite du fait que j’étais connecté à internet pour rechercher des logiciels capable de réparer ce genre de désagréments. Je croule litéralement sous une pléthore de logiciels commerciaux prétendant tous être capables de réparer votre système comme par magie, et moyennant une somme assez conséquente, j’aurais pu télécharger de superbes logiciels que je n’aurais pu utiliser car il étaient tous destinés au système Windows. Il semblerait que dans le domaine des outils de réparation de disque dur, il n’y ait presque pas de Sharewares ou freewares, mais surtout des logiciels commerciaux proposant en téléchargement des versions de démonstration sans utilité autre qu’informative.

J’aurais du m’en douter, dans ce domaine, lorsque il arrive un pépin, les données valant souvent beaucoup plus que le prix du disque, la plupart des utilisateurs sont prêts à débourser pour régler rapidement leur problème

Dépité mais pas encore desespéré, je redémarre mon système et sélectionne le boot sur le premier disque dur avec XP (il sert surtout à ma femme comme dirait Colombo), puis je poursuis ma recherche d’information, maudissant XP de vouloir ajouter des volumes supplémentaires. Bien entendu, j’installes et je teste quasiment tous les utilitaires commerciaux capables de réparer une table de partition, mais big problème, aucun ne semble reconnaitre la taille de mon disque dur. De toute façon, ce n’était que des versions de démonstrations, donc il semblerait qu’il faille payer pour voir si éventuellement cela pourrait fonctionner. Trop risqué!!
Et la Hop, je tombe sur un utilitaire TestDisk qui semble prometteur, fait par un Français (GRENIER Christophe) et disponible tenez vous bien sur quasiment toutes les plateformes en license GNU GPL. Je télécharges la version pour XP, compilée sur CygWin.

La documentation de TestDisk est très bien faite et insiste sur le fait que le logiciel ne peut fonctionner que s’il reporte la bonne taille de votre disque. Chez moi cela n’est pas le cas, TestDisk m’indique un disque de 130 gigas. Je retourne à la documentation et trouve une astuce valable pour Windows 2000 qui propose de créer une nouvelle clé dans le registre, “EnableBigLba”, de fixer sa valeur à 1 puis de redémarrer, ce qui me permettra d’utiliser TestDisk dans de bonnes conditions.

L’utilisation est des plus simples, lancement de TestDisk, séléction d’un disque physique avec le bon rapport de taille, puis lancement d’une analyse du disque. L’analyse est extrêmement rapide comparée à d’autres utilitaires comme gpart (linux). Finalement TestDisk retrouvera toutes les partitions que contenait mon disque et me proposera de réécrire la table des partitions, ce que j’accepte avec un grand sourire et une grande satisfaction. Dernier conseil de TestDisk, redémarrer pour valider les changements. Aussitôt dit, aussitôt fait. Redémarrage de la bête et voilà sa marche comme sur des roulettes.

J’ai bien entendu retrouvé les trois systèmes d’exploitation présents sur le disque sans perdre un seul octet de données. Un grand bravo à TestDisk, un petit utilitaire qui paie pas de mine mais qui rend de grands services…

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